Construction des maisons en 1920 : méthodes et matériaux utilisés

En 1923, la réglementation sur la protection contre l’incendie impose de nouvelles contraintes aux constructeurs, bouleversant les pratiques traditionnelles. L’utilisation de la paille comme isolant connaît alors une diffusion inégale selon les régions, en dépit de ses qualités thermiques.

Le béton armé, déjà éprouvé dans l’industrie, commence à s’imposer dans les bâtiments résidentiels tandis que l’ossature bois reste majoritaire dans certaines zones rurales. Les matériaux locaux et écologiques, souvent perçus comme provisoires, s’intègrent pourtant durablement dans le paysage bâti des années 1920.

L’architecture des années 1920-1930 : entre modernité et style Art Déco

Dans la France de l’après-guerre, l’architecture se retrouve face à un double défi : reconstruire au plus vite et inventer une nouvelle allure. La Première Guerre mondiale laisse derrière elle un pays en miettes, forçant villes et campagnes à s’adapter avec créativité. Sur ce terrain dévasté, des baraques Adrian, Nissen ou Doecker s’installent. Ces modules démontables et produits en série incarnent l’idée d’une industrialisation du bâtiment, preuve que la société sait réagir quand tout manque.

Les chantiers pilotés par le Ministère des Régions libérées misent sur des techniques de préfabrication et d’assemblage express. Les constructions légères deviennent partout le signe d’une période de transition, où l’on doit accepter que la maison provisoire fasse partie du quotidien, même si, bien souvent, ces abris temporaires finissent par façonner le paysage pour des décennies. Face à la nécessité, l’ingéniosité collective fait la différence.

Mais la décennie ne se contente pas de réparer : elle invente. Le style Art Déco s’impose par ses lignes franches, ses matériaux neufs et l’envie d’en finir avec les vieux codes. Les façades, ornées de motifs stylisés, reflètent cette ambition : rendre l’architecture moderne et efficace, sans renoncer à la beauté. Au fil des années, la reconstruction trace un nouveau visage urbain, quelque part entre la nécessité des constructions provisoires et l’éclat mesuré de l’entre-deux-guerres.

Pourquoi la paille et l’ossature bois séduisaient déjà les bâtisseurs de l’époque ?

Dans les années 1920, la construction bois prend de l’ampleur, portée par un impératif de rapidité et la disponibilité de ressources locales faciles à transporter. Les structures porteuses en bois, fournies notamment par la scierie Leroy pour l’aviation et les fameuses baraques Adrian, permettent de monter des maisons en quelques jours. Faciles à déplacer, elles s’adaptent à tous les terrains et répondent à des besoins changeants que la pierre ou la brique ne peuvent suivre.

La paille s’invite dans les parois et sous les toits, appréciée pour ses performances d’isolation thermique et sa disponibilité immédiate. Associée à l’ossature bois, elle forme des murs efficaces et peu coûteux. Sur les chantiers de la reconstruction, la paille complète le carton bitumé ou les panneaux fabriqués par la cartonnerie Hyde. Le résultat : un rempart contre le froid, un minimum de confort, et la garantie de pouvoir bâtir vite.

Voici les atouts concrets qui ont favorisé ces choix de matériaux :

  • Bois : ressource renouvelable, facile à travailler, idéale pour des constructions démontables ou à assembler rapidement.
  • Paille : isolant naturel, économique, présent partout en France.
  • Assemblage : préfabrication, montage sur chantier, adaptation immédiate aux urgences de l’époque.

En combinant ces matériaux, on obtient des habitats légers, efficaces, capables de s’adapter à la réalité du moment. Les maisons issues de cette période témoignent d’une approche pragmatique, inventive et résolument tournée vers la reconstruction et l’autonomie locale.

Matériaux écologiques d’hier : panorama des choix courants en construction

Dès les années 1920, les bâtisseurs français privilégient des matériaux locaux, robustes et accessibles. La brique domine : produite dans les briqueteries de la région, elle sert à monter murs, cloisons, parfois même les façades. Résistante et facile à se procurer, elle structure l’habitat, surtout dans les zones reconstruites après la guerre.

La pierre taillée subsiste, notamment pour les édifices publics ou les maisons individuelles ambitieuses. Elle offre une durabilité remarquable et un aspect unique, mais son coût et la lenteur de sa mise en œuvre limitent son usage, surtout dans les périodes d’urgence.

Le bois s’impose sur les ossatures légères, la charpente et la menuiserie. Sur les chantiers de la reconstruction, il se marie volontiers au carton bitumé de la cartonnerie Hyde pour habiller rapidement les parois. À la même époque, la Société Eternit introduit les plaques d’amiante-ciment, résistantes à l’humidité et au feu. On les retrouve dans les maisons provisoires, notamment les baraques Adrian et Nissen.

Les principaux matériaux et leurs usages se résument ainsi :

  • Brique : bonne résistance thermique, fabrication locale
  • Pierre : solidité, esthétique, usage restreint par le coût et le temps
  • Bois : montage facile, filière régionale
  • Amiante-ciment : protection contre l’humidité, montage rapide

L’association de ces matériaux permet de trouver un équilibre entre performance thermique, rapidité d’exécution et usage raisonné des ressources disponibles. À ses débuts, Leroy-Merlin participe à cette dynamique en revendant des surplus militaires, comme des éléments de baraques démontées. Une manière concrète de faire rimer réemploi et efficacité en temps de crise.

Femme en robe des années 1920 appliquant du plâtre sur un mur intérieur

Questions fréquentes sur les techniques et matériaux des maisons des années 1920

Quels matériaux composaient les murs porteurs ?

Dans la plupart des maisons construites dans les années 1920, les murs porteurs étaient réalisés en brique, en pierre taillée ou en bois, selon les ressources locales et les traditions régionales. Pour les solutions d’urgence, comme celles destinées aux réfugiés, on utilisait aussi des structures métalliques, des panneaux en amiante-ciment ou en carton bitumé.

Comment isolait-on ces constructions ?

L’isolation thermique était rudimentaire. La résistance à la diffusion de la vapeur d’eau dépendait surtout de l’épaisseur des murs et du matériau choisi. Les enduits à la chaux ou au plâtre limitaient l’humidité mais restaient loin des performances actuelles. Pour les maisons provisoires, comme les baraques Adrian, la priorité était de protéger du vent et de la pluie, quitte à sacrifier le confort thermique.

Qui supervisait la construction des maisons provisoires ?

Le Génie militaire coordonnait la fabrication et l’assemblage, épaulé par les compagnies du Génie et les troupes auxiliaires. Le Service des Travaux de Première Urgence (STPU) dirigeait les opérations sur le terrain, sous l’impulsion d’Albert Lebrun. Il s’agissait d’abriter au plus vite les populations déplacées, surtout dans le Nord et le Nord-Est.

Deux aspects techniques caractérisaient particulièrement ces constructions :

  • Le camouflage : pour se prémunir des bombardements, certaines baraques étaient habilement dissimulées afin de protéger les habitants.
  • La modularité : chaque pièce se transportait et s’assemblait aisément, permettant de construire ou déplacer rapidement selon les besoins.

On retient de cette décennie un foisonnement de solutions concrètes, portées par la nécessité d’agir vite et intelligemment avec les moyens du bord. À regarder ces maisons d’aujourd’hui, on mesure la force de l’inventivité humaine face à l’urgence et au défi de rebâtir.

L'actu en direct